.

"Tu es toi, tu vis, tu possèdes un corps, un esprit, tu as une maison, elle est ton toit, elle te protège. Tu vis dans ton quartier, ta ville, elle te nourrie, te fournis un travail. Tu vis dans ton pays, il est ton peuple, il te guide, il te soumets à tes conditions de vie. Tu vis sur ta planète, tu respire son air, tu manges ce qu'elle te donne, elle te fait vivre. Tu vis prés de ton étoile, elle te donne de la lumière, de la chaleur, elle te fait vivre. Tu vis dans ton système planétaire, avec ses planètes et ses lunes qui sont nées pour te faire vivre. Tu vis dans ta galaxie qui s'est formées il y a des milliards d'années. Tu vis dans ton Univers, il t'a donné ton étoile, ta planète, ton chez toi. Ne le néglige pas. S'il existe, c'est pour toi, car il fait parti de toi. Il est en toi, comme ton être, ton esprit, il est partout, comme toi, tu fais parti de lui."

L'ordre et le désordre

INTRODUCTION

Voilà deux critères importants dans notre vie quotidienne et notre éducation, aussi bien d'ailleurs qu'en philosophie et en science. Il est pratiquement impossible d'en cerner les frontières. Dans la vie, ce que nous appelons « ordre » ou « désordre » résulte de notre façon d'en concevoir les notions. C'est évident.


Voici une personne qui range les objets de façon « impeccable » (impeccable selon quel critère ?). Supposons que rien ne dépasse lorsqu'elle dispose des livres dans une bibliothèque, ou des objets sur une table. Au mur, aucun cadre ne quitte la stricte horizontale. Cette personne suit un critère « géométrique », qui lui fait déclarer les objets « en ordre ».

Supposons maintenant que cette personne soit atteinte de perfectionnisme et de manie. Elle ne supporte ni la moindre erreur, ni le moindre jugement défavorable. Face au critère de l'équilibre psychologique (mais quel est ce critère ?), cette personne est dans un « désordre » intérieur. Et c'est son « désordre » intérieur qui engendre son perfectionnisme, donc son « ordre » extérieur.

Voici un dessinateur. Il range ces crayons de façon rigoureusement parallèle. Mais pourquoi pas en angle ? Ou en rond ? Quel est son critère intérieur ?

On peut déjà envisager ceci : nous disons qu'un chose est « en désordre » quand elle ne présente pas l'ordre que nous voulons. La façon dont nous concevons l'ordre et le désordre est toujours l'écho de notre structure intérieure.

UNE QUESTION IMPORTANTE

Voici une adolescente dont la chambre est dans un « désordre épouvantable » (selon le critère de ses parents, par exemple). Mais cette adolescente prétend se sentir très à l'aise et fort heureuse dans ce désordre. Les parents ne comprennent pas. Mais si ces parents étaient totalement informés de l'état d'âme de l'adolescente, de ces conditions psychiques et psychologiques, ils constateraient qu'elle se trouve parfaitement en ordre par rapport à son critère du moment... quitte à en changer le lendemain.

Il semble donc que c'est notre manque d'information qui nous pousse à déclarer une chose en désordre.

La compréhension profonde de ces faits peut bouleverser l'éducation (de soi-même et des autres), et peut changer la façon de concevoir l'existence et la vie en commun. Tout ceci constitue une école de « tolérance » quasi totale et de mise en place de soi-même dans le monde et dans l'univers.

LE BOUT DU NEZ

Nous avons tendance à ne voir qu'une partie des choses. L'ensemble des faits nous échappe, c'est normal. Pour voir le dos de notre voisin ou l'envers d'un meuble, nous sommes obligés de tourner autour. Nous ne possédons aucune vue « panoramique ». Mais il est moins normal que nous fassions trop rarement un effort pour appréhender l'ensemble des choses, dans la mesure de nos moyens.

En reprenant l'exemple de la chambre en désordre, les parents auraient manifesté beaucoup plus de compréhension s'ils avaient pu connaître l'ensemble des motivations gouvernant l'adolescente. Ils se seraient rendu compte qu'elle ne pouvait pas faire autrement, à ce moment là. Son comportement extérieur « collait » à son critère intérieur, à ce moment là. Le « désordre » de sa chambre était le reflet exact de son état affectif, donc de son critère.

Même chose en ce qui concerne les parents. Selon leur critère intérieur de ce moment là, ils ne pouvait que déclarer la chambre « en désordre ». A son tour, l'adolescente aurait montré plus de compréhension si elle avait été informée de l'ensemble des critères parentaux.

Qui avait raison ? Strictement personne, en même temps que tout le monde. Parce que les états affectifs déterminaient les critères intérieurs qui, à leur tour, déterminaient les comportements, sans que nul n'y soit pour rien.

L'ENSEMBLE DES CHOSES

Observons cette voiture en panne. Elle est donc en état « de désordre » (par rapport à ce que nous attendons d'elle). Mais en réalité, cette voiture obéit, en cet instant, à l'ensemble des forces qui la gouvernent. Si elle est en panne, c'est parce qu'elle ne peut être autrement qu'en panne. Et quand elle fonctionne, elle ne peut faire autrement que de fonctionner.

Tout ceci est applicable à l'être humain. Cette maison qui s'écroule est en « désordre » face à nos critères du moment (nos critères d'habitation, par exemple), mais si on pouvait considérer l'ensemble des forces régissant cette maison, on constaterait qu'elle ne peut faire autrement que de s'écrouler, et qu'elle se trouve parfaitement « en ordre » par rapport à ces forces du moment.

Il faut donc le répéter : nous décrétons l'ordre aussi bien que le désordre en fonction des informations d'ensemble que nous possédons.

Et finalement, dans l'univers comme en nous-même, tout n'est-il pas « en ordre » depuis toujours et à jamais ?

Chacun fait ce qu'il fait au moment où il le fait. Et il ne peut faire autrement que ce qu'il fait, à ce moment là, selon son critère du moment. De même, chacun à absolument raison selon son critère du moment, qui ne sera plus son critère de tout à l'heure (selon sa fatigue, son humeur, sa santé, les informations supplémentaires acquises, etc.).

Raison ou tort ? Il n'existe jamais aucune dualité à l'instant même de la mise en application d'un critère. Personne n'a jamais « tort » ou « raison » dans cet optique.

EXISTE-T-IL FINALEMENT UN SEUL DÉSÉQUILIBRE ?

Pour reprendre sous une autre forme un exemple, un funambule qui lutte contre la gravité est en état de déséquilibre (par rapport à ce qu'il attend de son exercice). Cependant, à chaque micro-instant de sa « chute », il se trouve en état d'équilibre parfait entre toutes les forces qui gouvernent son mouvement (sa masse, la pesanteur, sa vitesse, etc.). Nous dirons aussi que sa chute est un événement « individuel ». Mais les choses qui arrivent ne sont que des séquences de l'événement unique de l'univers. Rien ne peut être séparé de rien, rien ne peut être séparé de l'ensemble, même si nous éprouvons l'illusion que des choses « nous » arrivent « à nous ».

On serait tenté de dire : « Mais cela ne fais pas partie de moi ! ». Oui, mais il en est ainsi. Tout événement partiel n'est qu'une manifestation de l'événement global.

ET LA MALADIE ?

Dans cette optique, que devient la maladie ? Si tout instant, dans l'univers, représente un état d'équilibre, si l'univers est « en ordre » à chaque moment, tout instant d'une vie se trouve, lui aussi, dans cet état. Alors pourquoi intervenons-nous en cas de maladie, par exemple, ou d'accident ? Car si la maladie est un état d'équilibre de l'ensemble de la personne, nous risquons de « déséquilibré » le tout en intervenant ?

C'est, à nouveau, n'envisager que l'individuel en négligeant l'ensemble. Voici une personne malade. A travers quoi la ressentons-nous, sinon à travers nous-mêmes ? Nous avons de la peine pour elle parce que nous avons de la peine pour nous, car la même souffrance pourrait nous atteindre. L'autre devient la projection de nous-mêmes (c'est d'ailleurs toujours la cas). L'autre devient le miroir de notre maladie possible. La maladie nous apparaît également comme une « cassure » dans un ensemble harmonieux. Nous appelons cela « désordre », « injustice », etc. ces états d'âme provoquent en nous une angoisse (conscient ou inconsciente). Cette angoisse à son tour, provoque une perte d'énergie. Nous devons récupérer cette énergie en éliminant l'angoisse et, par conséquent, en soignant l'autre et en tentant de partager avec lui son « mal-être » afin de feindre un ré-équilibrage des forces de la nature. En soignant l'autre, nous nous soignons nous-mêmes. Nous soignons notre déséquilibre provoqué par la maladie de l'autre. Nous tentons d'éliminer notre propre perturbation. Il n'existe aucune exception. Nous rétablissons ainsi un équilibre en nous, sous des termes de « solidarité, justice, devoir, altruisme, bonté », etc.

Croire à une intervention individuelle est une illusion. Notre action personnelle ne fait que s'inscrire dans un ensemble d'échanges d'énergie, faisant partie des échanges énergétiques de l'univers entier.

Ainsi, toute entraide est une aide envers soi-même, par un gigantesque jeu de miroirs.

AINSI DONC

Ainsi donc, tout semble en ordre, partout et toujours. Tout n'est qu'  « équilibration » et cohérence, si l'on considère l'univers dans son ensemble, nous compris, bien entendu, le tout formant une trame mathématique rigoureuse régie par les lois de l'univers.


Version PDF de cet article : 

2 commentaires:

  1. Bel article très intéressant sur ces notions apparemment antagonistes... mais il est vrai que pour exprimer les choses, tout passe par le langage et que le langage est parfois embarrassé pour dénoter des émotions et des perceptions très subtiles.
    Merci pour cet éclairage :)
    sébastien h.

    RépondreSupprimer
  2. En effet, parfois les mots ne permettent pas de porter à leur juste valeur le sens qu'on veut leur donner. C'est pourquoi je garde toujours prés de moi un dictionnaire bien particulier : c'est "Le dictionnaire PLUS de l'idée aux mots". Très bon dictionnaire. Mais mon édition date un peu (1993). Sauriez-vous quelle est l'édition la plus récente ? J'ai du mal à la trouver sur le net.

    RépondreSupprimer